Evidemment, ce film, j'en avais pas mal entendu parler. De tous les côtés, du bien, du mal, du drôle mais du triste, du pathétique, de la légèreté, de la musique... Et puis, j'étais tombée amoureuse de ce joli (ex) couple, ces deux jeunes gens si beaux, si attendrissants, si proches.
Proches de moi, jeune maman adulescente, plus ado depuis un moment, mais encore insouciante. Insouciante jusqu'à l'arrivée de mon enfant, la prunelle de mes yeux.
Je connaissais le sujet du film, j'étais prévenue: j'allais pleurer.
Il faut savoir que moi, je pleure, et pas qu'un peu. J'ai toujours été une pleureuse, une émotive, une ultra-sensible, qui a la larme facile. Ajoutez à ce tempérament d'eau des hormones en folie, et une bonne grosse fatigue et vous m'avez, le jour où j'ai décidé d'aller voir La Guerre est Déclarée avec ma copine de cinéma (la même que pour H.P.). Et, bien évidemment, je n'ai pas failli à ma réputation, j'ai pleuré.
Mais alors, pas qu'un peu pleuré: un torrent de larmes. Je vous le disais il y a un moment, ma sensibilité est exacerbée, en ce moment, et surtout quand il s'agit d'enfants. C'est amusant parce qu'avant d'être enceinte et d'avoir ma fllle, c'était un sujet qui ne me touchait pas, ou presque (j'ai toujours eu un coeur tout mou): je trouvais les enfants mignons mais pas très drôles, et je regardais tout ça d'un regard un peu lointain. Ceci dit, je pense qu'en regardant ce film, j'aurais quand même craqué. Mais là! Mais là!

Bon, passons un peu au sujet du film: un jeune couple, charmant et amoureux, donne naissance à un petit garçon adorable, Adam. Le problème, c'est que le couple découvre aux dix-huit mois du petit qu'il développe une tumeur au cerveau, un cancer. Et là, tout ne s'écroule pas, comme on pourrait le penser. Non, tout s'accélère, tout devient urgent, tout devient collectif. Les grands-parents et les amis sont là, pour soutenir le couple. Et ce couple est soudé.
Pour ce couple, il faut s'accorder: c'est elle qui apprend la première la nouvelle, et c'est elle qui est chargée de la lui apprendre, cette terrible nouvelle. Séparés pour l'annonce, ils se retrouvent rapidement, et se mettent d'accord sur un point: ne jamais essayer d'en savoir plus que les médecins. Chacun reste à sa place, dans son rôle. Toute l'énergie doit être mobilisée pour lutter, pour lutter de toutes ses forces contre cette maladie. Et surtout, ne pas aller chercher des renseignements à droite, à gauche, et certainement pas sur internet. Être parents, et tout faire pour protéger leur enfant.
Au fur et à mesure, la maladie qui dure les oblige à s'installer au plus près de la chambre d'hôpital. On voit le quotidien de ce couple devenu peu à peu des parents dans la douleur, et des combattants très puissants.
Dans cet hôpital, beaucoup d'enfants malades, des enfants qui meurent, le couple qui ne sait pas comment réagir et ne veut pas se laisser ralentir, se laisser entraîner par cette horreur; le couple qui fatigue, ne supporte plus ces murs, cette chambre, la maladie, mais doit se forcer.
Tout ce quotidien est montré par Valérie Donzelli et par celui qui fut son compagnon, et avec lequel elle a effectivement vécu cette tragédie, Jérémie Elkaïm. Oui, c'est un film autobiographique. Et pourtant, non ce n'est pas un film individualiste; c'est un film qui touche tout le monde. Je ne dirais pas "c'est une belle leçon de vie" mais je n'en pense pas moins. C'est-à-dire que dans cette catharsis, on se trouve face à un drame que chaque parent redoute, et on se vide de tout le chagrin que l'on pourrait avoir. Et on en ressort avec une certaine force. Je ne vous mentirai pas, à la sortie, j'étais bouleversée, ma copine (nullipare) aussi, et j'étais juste totalement incapable de trouver de la force en moi. Mais ensuite, après réflexion, après un bain de larmes, j'ai compris le beau message de ce film.
Unis, on est plus forts; on peut lutter contre toute l'horreur du monde: et enfin, après un drame, on peut se relever.
Alors, oui, il y a des maladresses dans ce film. Parfois, certaines scènes, certaines réactions, certains jeux sonnent faux. Mais la fraîcheur du film est plus forte que tout; et la musique joue clairement un rôle important.
Pendant le film, j'avais envie de détourner les yeux, de ne pas voir toute cette douleur, cette injustice, je ne voulais pas
voir ce petit garçon, si adorable (très bien choisi) souffrir. Je ne voulais pas voir cette réalité, cette possibilité. Et après l'avoir vu, je suis changée. Je suis moins innocente, mais je suis
armée. J'espère ne jamais avoir à me battre, j'espère ne jamais avoir à vivre cette guerre. Je ne veux pas savoir si finalement, ces armes, je saurais m'en servir...
La scène finale, quant à elle, je l'ai trouvée sublime. La musique, les ralentis, la sobriété mais en même temps l'amour, la douceur, la tendresse, et le sentiment de libération le tout dans une ambiance onirique, j'ai plongé. Rien que pour cette scène, ce film vaut le coup.
La Guerre est Déclarée, c'est pour moi un film d'espoir, de lutte, un film galvanisant, drôle, triste, prenant, un film qui donne des armes, de la force, un film à côté duquel il ne faut pas passer. Sans oublier les mouchoirs, c'est sûr...
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