Récemment, deux bonnes copines virtuelles/réelles ont accouché de leur deuxième enfant. Il s'agit d'une très bonne nouvelle, évidemment, d'une merveilleuse nouvelle, même.
Pourtant, cela me renvoit aux premiers jours avec ma Bichette, ces instants suspendus où tout nous paraît mystérieux, cette impression d'être passée de l'autre côté, et d'être dans un brouillard épais. Beaucoup de questions nous traversent: comment protéger cet être si délicat? Serai-je une bonne maman? Pourquoi elle: ne dort pas, ne mange pas, pleure, se tortille, ne fait pas caca, fait trop caca, ne veut pas mon lait, boit tout le temps? Mais aussi: pourquoi j'ai mal à l'épisio, aux seins, au ventre? Vais-je retrouver ma forme d'avant? Mes vergetures se verront-elles toujours autant? Beaucoup de questions d'ordre physique, pratique. On s'interroge beaucoup, sur tout. La peur est omniprésente. Plus rien n'a d'importance que notre enfant. Et puis... avec le temps, on se rend compte qu'on est toujours vivant. On l'a un peu oublié, mais il y a une vie, dehors, qui continue toujours. Il y a des amis, qui vivent des trucs. Et même s'ils n'ont pas d'enfant, ils vivent des trucs. Et peu à peu, on sort de cette éternelle angoisse, de ces questions à la fois purement matérielles (quelle poussette, quel lait, quels biberons, quel lit) et métaphysiques (qu'est-ce que grandir aujourd'hui? Stimuler or not stimuler? (j'ai dit sTimuler, et pas simuler, hein!)).
Bon, dit comme ça, ça a l'air tout pourri. Alors qu'au contraire, c'est une merveille. Un amour pur, éternel. Mais il faut bien avouer que je n'ai pas été dans le monde réel pendant un sacré long moment. Je commence seulement à reprendre conscience.
Avoir un deuxième enfant est néammoins différent, les questions que l'on se pose ont plus un rapport avec les relations: quelles relations vais-je entretenir avec mon nouvel enfant? Quelles relations mes deux enfants vont entretenir? Et surtout, comment ma relation avec mon premier enfant, mon tout petit chou, va-t-elle évoluer?
Je connais déjà un peu ces questions, pour me les être posées d'avance. Mais, même si je me prépare pour une future éventuelle grossesse, je sais que l'émotion tourbillonnante de l'accouchement me submergera, et que je serai perdue, comme la première fois. Alors, j'écoute mes amies raconter ce qu'elles ressentent, et je les admire d'être si fortes et si tendres. Et j'espère pouvoir être comme elles, quand j'attendrai mon deuxième enfant.
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